Qu’est-ce que l’ENSIIE ? Découvrez-le à grâce à Colin

Voici la présentation de l’ENSIIE, intégrée par Colin après ses années de prépa
ENSIIE Colin

Colin Coërchon est étudiant en 1ère année à l’ENSIIE. Découvrez son avis sur ses 3 ans de prépa qui l’ont amené dans cette école.

Bonjour Colin, peux-tu te présenter ?

Bonjour Valentin, je m’appelle Colin, j’ai 20 ans, je viens d’un petit village perdu dans le sud de la France. Et je suis actuellement étudiant en première année d’école d’ingénieur à l’ENSIIE.

Quel est ton parcours ? 

J’ai eu mon BAC S mention Bien en 2019 dans le petit Lycée Ferdinand Fabre de Bédarieux. Et j’ai ensuite eu la chance d’être admis en classe prépa MPSI au Lycée Joffre de Montpellier. En seconde année, je suis passé en MP*, et après une année très compliquée, j’ai fait une 5/2 dans cette même classe.

Après ces 3 ans laborieux, j’ai intégré l’ENSIIE sur le concours Mines-Télécom.

Comment as-tu vécu ta scolarité en prépa ? 

Pour répondre à cette question, il est nécessaire d’avoir un peu de contexte. Je viens donc d’un petit lycée de province où une infime minorité d’élèves, voire aucun, se dirige ensuite vers une classe préparatoire. J’arrive ainsi en sup dans un monde totalement inconnu, pas préparé, et un avec un niveau exécrable en anglais.

Bref, le début d’année de MPSI se passe pourtant très bien. Pour notre classe de 48, je finis 9ème en physique, 16ème en maths (mais avec une solide 47ème place en anglais haha). Le second semestre se résume à un long confinement, dans lequel je m’enfonce petit à petit dans un rythme de sommeil catastrophique, avec comme seul objectif en tête : l’admission en MP*.

Avec des cernes démentiels, je suis finalement accepté en MP*, bien que je sois plus ou moins officieusement le dernier accepté de notre MPSI.

J’arrive donc en “outsider” en MP*, et il n’y a eu aucune surprise : je finis dès les premiers DS dans les derniers en maths, et encore pire en physique. L’année vire alors assez rapidement au cauchemar. J’enchaîne les mauvais résultats, les khôlles désastreuses, à sans cesse se comparer à des élèves plus performants en MP*. En bref, la spé se passe très mal, et rien ne s’améliore durant cette année.

Pour couronner le tout, le principal problème était le rythme de sommeil, presque dangereux, que je m’imposais. J’enchaînais très régulièrement des nuits à moins de 6h de sommeil. Les nuits de 2 ou 3 heures, voire même quelques nuits blanches à osciller entre travail et oisiveté, étaient elles-aussi loin d’être rares. Je me disais que rattraper le week-end suffisait…

La 5/2 apparaissait alors comme une évidence. Et cette troisième année se passa beaucoup mieux, j’essayais de mieux dormir, de travailler sérieusement, et je reste ainsi tout le long de l’année milieu de classe en maths et en physique. Mais, malgré cette (je trouve) bonne année de 5/2, le retard d’une 3/2 catastrophique n’a pas réussi à être totalement comblé et je reste finalement plutôt déçu de mes résultats aux concours.

Peux-tu présenter l’ENSIIE ? 

L’ENSIIE est une école spécialisée en informatique, mais aussi en mathématiques appliquées. C’est une école située à Evry (à deux pas de Télécom SudParis) et due à sa petite promo, elle est très peu connue dans le monde des prépas.

La première année se fait en tronc commun : on a par exemple des cours de programmation impérative et fonctionnelle, système d’exploitation (Shell notamment), bases de données, théorie des graphes, probabilités, etc… Et dès la seconde année, l’ENSIIE propose 4 parcours de spécialisation : génie logiciel et sécurité, calculs intensifs et données massives, interaction numérique et mathématiques appliquées. Et l’école propose aussi en parallèle des masters coopérés avec l’université Paris-Saclay.

Bref, c’est une très bonne école où on fait des maths et de l’info 🙂

Comment as-tu choisi ton école ? 

Depuis la fin de ma 3/2, j’ai toujours voulu intégrer une école d’ingénieur portée par les mathématiques et l’informatique. En 5/2, mon objectif principal était alors d’intégrer Télécom Paris. Malheureusement, je loupe la barre des Mines à quelques points (et même en passant la barre, la marche restait encore très grande).

Mon choix se porte alors uniquement sur deux écoles qui m’attiraient vachement : Télécom SudParis et l’ENSIIE. Je fais des oraux trop moyens pour espérer TSP, la conclusion est ainsi vite faite. J’ai pu enfin fuir la physique et la chimie pour toujours !

Comment se sont passés les concours ? 

En 3/2, après une année cauchemardesque, les concours se sont évidemment mal passés. Je finis avec ~8,5 de moyenne à Centrale, ~9,5 à Mines-Ponts et ~10,5 aux CCINP. Je passe donc les oraux de CCP et de Mines-Télécom, en sachant pertinemment que j’allais faire 5/2 l’année suivante. Les oraux ont donc été plus des vacances qu’autre chose, avec les notes qui vont avec 🙂

En 5/2, je me préparais presque uniquement pour le concours Mines-Ponts durant toute l’année. Je suis allé aux concours très stressé, mais quand même plus confiant, et surtout beaucoup plus préparé (c’est à cela que sert la 5/2 tout de même). La majorité des épreuves se passent plutôt bien (surtout la chimie et l’informatique). Mais je foire pas mal Maths 2 (8.8/20) et Physique 2 (9.1/20). Couplés à la non-bonification en 5/2 et un 4.5 en anglais (pas de commentaire…), je finis avec pile 12/20 de moyenne et je loupe donc la barre de quelques points… (Pour les curieux : Notes Mines-Ponts).

Sinon, je n’obtiens rien aux Centrale avec ~10,2 de moyenne, et je reste encore un peu dégoûté avec une moyenne d’environ 12 aux CCP. (Avec comme petite blague d’avoir eu mieux à Maths C aux ENS qu’à Maths 2 Mines, Maths 1 Centrale, et Maths 2 CCP)

Les oraux Mines-Télécom se passent bien (17 en entretien, 15 en maths et 12 en physique), mais mon 8 en anglais me pénalise trop. Je finis donc précisément à 12,44/20 aux Mines-Télécom. 

Pour mes exercices corrigés d’oraux de maths, n’hésitez pas, c’est sur le (très bon) site progresser-en-maths : Exercices CCINP  Exercices Mines-Télécom

Quels sont tes objectifs désormais, sais-tu ce que tu veux faire plus tard ? 

Pas de grand objectif de vie, mais à court terme, l’objectif principal est de réussir mon école. Pour l’instant, j’aime beaucoup les cours qui y sont dispensés, ça me motive encore plus à travailler et à tout donner en école. Et surtout, libéré de la prépa, la vie s’offre à nous ! J’ai pour projet de courir le marathon de Paris 2023, et j’ai enfin le temps pour essayer de bien progresser aux échecs !

Et comme la grande majorité des étudiants en école d’ingénieur, il est encore difficile de savoir ce qu’on veut faire plus tard. Mais ça touchera à l’informatique, ça c’est sûr !

Comment est la vie étudiante à l’ENSIIE ?

On est une petite promo à l’ENSIIE (environ 150), donc assez rapidement, on finit par connaître tout le monde de près ou de loin. De fait, l’ambiance à l’école est alors très sympathique et familiale. Et comme dans toutes les écoles, il y a beaucoup d’associations, et tu peux globalement faire tout ce que tu veux dans l’école (avec par exemple, par pur hasard, un excellent club d’échecs !).

De plus, les deux semaines d’intégration étaient vraiment incroyables ! Et ce qui fait peut-être l’originalité de l’école, c’est que chaque mois, il y a une NJV (Nuit du Jeu Vidéo) au sein de l’école. Une LAN sur un jeu choisi auparavant est organisée, il y a des compets d’échecs, un tournoi Smash, des dégustations du club œnologie, et plein d’autres choses !

Un conseil pour ceux qui voudraient intégrer ton école ?

Pas vraiment de conseil précis pour intégrer mon école, mais ce qui est sûr, c’est que l’ENSIIE n’est pas une école généraliste : il faut vraiment aimer les maths, et surtout l’informatique pour venir ici ! Sinon, les cours vont vite vous paraître longs 🙂

Le principal, c’est de s’accrocher en prépa. J’ai vécu des moments vraiment difficiles, et j’étais loin d’être un cas isolé dans la classe ou en prépa en général. Tout le monde passe par ses moments là, à plus ou moins grande échelle. Donc surtout, le conseil ultime pour s’accrocher, c’est de garder un rythme de sommeil correct, quitte à se forcer une heure de coucher.

Et pour finir, je trouve qu’un superbe conseil qu’on ne répète jamais assez, c’est de choisir une école en fonction de ce qu’on aime vraiment, de ce qui nous fait réellement vibrer, au lieu de se brider uniquement par un des nombreux “classement des écoles d’ingénieurs”.

Veux-tu rajouter quelque chose ? 

Outre mon sommeil, mon principal regret sur ces 3 années en prépa est d’avoir accepté d’aller en classe étoilée. J’y avais très peu ma place, et je m’en suis rendu trop tard en 3/2. Est-ce que j’aurais mieux réussi dans une classe non-étoilée ? Je n’en sais rien dans le fond, mais je pense sincèrement que oui.

Mais la prépa reste tout de même dans mon esprit de belles années, malgré certains passages un peu (voire très) déprimants. J’ai rencontré des amis vraiment incroyables, une fille fantastique, et je me souviendrais de cours d’une très grande qualité et de profs hyper investis.

Et comme mot de fin, si vous lisez ceci et que vous êtes en prépa à la recherche d’un TIPE, n’hésitez pas à vous inspirer du mien, c’est cadeau !

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