La 5/2 ? Quésako ?

Si pour toi classe préparatoire scientifique rime avec « 2 ans de prison ferme » , alors je t’invite dès à présent à prendre connaissance de l’article sur « les classes préparatoires scientifiques » ( et tu comprendras dès lors que cette « peine » pourra être alourdie à 3 ans 😉 ) : Les prépas scientifiques

Dans cet article, nous avons vu comment était articulée la formation des classes prépas scientifiques dans le but de passer les concours d’accès aux grandes écoles d’ingénieurs et qu’il était possible de retenter une seconde fois ces concours si les résultats obtenus n’étaient pas au rendez-vous.

Cette année supplémentaire est appelée, dans le jargon de la prépa, la 5/2. (lire « cinq demis » et non « 5 sur 2 » je t’ai entendu !)

Alors, me diriez-vous, quel est le rapport entre cette fraction et le fait de retenter les concours d’accès aux grandes écoles ?

Depuis le début de votre cursus scolaire, vous avez été amené à faire partie d’une classe possédant elle-même un nom bien spécifique ( 3ème Euro, 1ère S, Tale S spécialité Maths,…). Ce système d’appellation se retrouve toujours en prépa (cf l’article plus haut que tout le monde a lu maintenant !!).

Cependant, à la base, il n’existait pas de dénominations pour différencier les élèves tentant les concours pour la première fois des élèves le retentant une seconde fois. C’est alors que des petits malins, sûrement touchés par un sentiment de « désir d’équité », ont trouvé un moyen original de nommer ces deux groupes d’élèves.

Pour beaucoup d’élèves entrant en classe prépa, le Grâal suprême est d’intégrer la prestigieuse école de Polytechnique, surnommé l’X en référence entre autres à sa prééminence des mathématiques dans son cursus de formation qui sont elles-mêmes composées de x et de y .

Ainsi, pour ces élèves tentant les concours pour la première fois, le but est « d’intégrer l’X » entre la « 2ème et la 1ère année de classe prépa » soit :

\int_1^2 xdx=\frac{3}{2}

De la même façon, pour ces élèves retentant pour la seconde fois, le but est « d’intégrer l’X » entre la « 3ème et la 2ème année de classe prépa » soit :

\int_2^3 xdx=\frac{5}{2}

On appelle donc un élève qui effectue sa première « 2ème année de prépa » un « 3/2 » et un élève qui effectue sa « seconde 2ème année de prépa » un « 5/2 ».

Mode d’emploi

En fonction du lycée où vous effectuez votre prépa, il est plus ou moins possible de réaliser une 5/2. En effet, certaines prépa exigent un minimum de résultats aux concours pour faire 5/2 lorsque d’autres restreignent le nombre de 5/2, faute de moyens suffisants.

Cependant, dans tous les cas, avoir fait une 3/2 rigoureuse avec assiduité semble être un atout indéniable pour être accepté en 5/2.

Comme nous l’avons vu précédemment, la 5/2 est donc une année permettant de se préparer une nouvelle fois aux concours de fin d’année. Vous serez donc, sauf cas particuliers, dans la même classe que lors de votre 3/2, avec les mêmes profs, même emploi du temps, même menus au self, même horaires de bus et métro, même programme scolaire ( sauf réforme de ****** – ça sent le vécu….) …

Autant d’atouts qui font penser que réaliser une 5/2 possède beaucoup d’avantages. C’est ce que nous verrons dans le paragraphe suivant.

Les avantages de la 5/2

Comme dit plus haut, dans la majorité des cas, la 5/2 permet de baigner dans un environnement de « confort » où l’on sait à quoi s’attendre de A à Z pour les concours.

La prépa a ce cliché ( à raison 🙂 ) de se dérouler dans un rythme relativement soutenu et pesant. Lors des deux premières années de prépa, il faut être apte à suivre ce rythme quasiment non-stop ( vous avez dit vacances ?! ) afin d’éviter les lacunes lors des concours. La 5/2 permet entres autres de gommer les lacunes accumulées lors de ces deux premières années tout en approfondissant nos points forts.

L’approfondissement des notions enseignées est d’autant plus intéressant qu’il permet à la fois de gagner en compétences pour les concours ( ce qui n’est pas négligeable me direz-vous !) mais aussi de gagner en prise de recul.

En effet, puisque vous verrez potentiellement les mêmes notions en 3/2 qu’en 5/2, le fait de mieux les appréhender en 5/2 vous fait prendre conscience que pour un même élément déjà étudié, votre cerveau a été capable d’analyser cette prise d’information différemment en mettant l’accent sur les subtilités qui lui ont échappé lors de la 3/2.

De ce fait, tout au long de la 5/2, celui-ci s’adaptera inconsciemment à vous faire gagner en efficacité et en rigueur afin d’instaurer un climat de confiance pour les concours qui vont faire que votre rigueur à l’écrit va s’accentuer,et que votre prestance et aisance orale vont s’accroitre. Cependant, afin de jouer le jeu pleinement, il est nécessaire de travailler aussi dur voir plus dur qu’en 3/2 afin de vous rendre compte de vos nouvelles « capacités ».

De même, vu que beaucoup de personnes ont une peur de l’inconnu, le fait d’avoir déjà passé les concours vous permet de relativiser la situation. Vous savez à quoi vous attendre : les épreuves vont être longues et compliquées, certaines questions peuvent faire pencher la balance drastiquement dans vos notes finales, vous allez tomber sur des chapitres que vous maitrisez moins bien que d’autres, vous allez être dans une salle immense où plus d’une centaine de personnes sont cloués à leur chaise pendant plus de 3heures et ce depuis 3 semaines, la citation de français est incompréhensible, vous allez tomber sur un examinateur à l’oral qui s’est levé du mauvais pied, etc…

Comme nous venons de le voir, les avantages à faire 5/2 sont nombreux.

Qu’en est-il des inconvénients ?

Les inconvénients de la 5/2

Aucun.

Je vous remercie pour la lecture et vous dis à bientôt.

Blague à part, vous auriez donc compris que de la part d’un ex 5/2, il est difficile de trouver des inconvénients à la 5/2 en toute subjectivité. Nous allons donc faire appel à notre objectivité pour ce paragraphe .

Pour beaucoup d’ex-taupins ( élèves en prépa scientifiques, du mot « taupe », animal qui creuse aveuglément sous terre, comme les élèves en prépa selon l’expression…), la prépa a été une période compliquée où le stress, l’angoisse de ne pas réussir, le rythme infernal et le peu de vie sociale ont été les principaux souvenirs de ce premier épisode post-bac.

Alors quand vient la décision ou non de faire 5/2, beaucoup se laissent tenter par les champs de sirènes des écoles qui les attendent chaudement avec vie associative et activités extra-scolaires qui rythment les journées, liberté et vie sociale revenues, retour des VRAIES VACANCES ( Comment y’a des projets à faire pendant les vacances en école ? Pardon ?)…

D’autant plus que la décision de faire 5/2 doit être un choix réfléchi et stratégique.

En effet, de nombreux 3/2 pensent avoir tout donné pour les concours et ne pensent pas pouvoir faire mieux même en faisant 5/2 sachant que les concours possèdent leur marge de facteurs aléatoires qui font que, très souvent, vous recevrez des notes surprenantes (en bon ou en mauvais !) dans certaines épreuves de ces derniers.

De plus, afin de préserver une once d’égalité, il existe un système de points bonus pour les 3/2 auxquels n’ont pas accès les 5/2. Ces points bonus sont variables selon les concours mais correspondent globalement à une moyenne de 1,3 pts/20 supplémentaires de la note finale du concours (écrit+oral) ce qui n’est tout de même pas négligeable.

Outre ces éléments, un autre avantage à intégrer en 3/2 est le fait de pouvoir rentrer dans le monde du travail un peu plus tôt ( et donc de bénéficier d’un an de salaire « en plus » accessoirement…).

A retenir

Finalement, pour résumer, je pense que la volonté de faire 5/2 ou non est une décision qui doit être propre à chacun. De nombreux facteurs font pencher la balance d’un côté comme de l’autre (structure familiale présente lors de la prépa, stress trop important, solitude, regret de n’avoir pas tout donné, …).

Pour ma part, je ne regrette vraiment pas d’avoir fait 5/2 car elle m’a permis d’ouvrir les yeux sur énormément de choses que ce soit en lien avec la prépa ou même dans la vie de tous les jours. Le fait de travailler efficacement, la capacité d’analyse et de prise de recul sur les choses, le développement de mes compétences d’écoute et d’aisance orale,…

Pour conclure, une petite citation que l’on entend souvent par nos professeurs de prépa et qui est tellement véridique qu’on a du mal à s’en rendre compte sur le moment :

N’oubliez jamais : les meilleurs 5/2 sont ceux qui ont tout fait pour ne pas l’être !

Les profs de prépa

A méditer !

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