Interview de Valentin Strach, lead data scientist chez Webedia et ancien d’Ulm.

Interview du fondateur de ce site, ancien d’Ulm exerçant le métier de lead data scientist chez Webedia il nous explique en détail son métier.
Valentin Strach

Je suis un étudiant à Centralesupélec qui récemment s’est beaucoup intéressé au domaine des data science. Malheureusement, je n’avais quasiment aucune connaissance du métier. Valentin Strach, fondateur de ce site et lead data scientist chez Webedia a donc accepté de me laisser lui poser quelques questions sur son métier et sur le futur du site, voici ce que j’en ai retenu.

Le métier

Q : Globalement en quoi consiste ton métier chez Webedia ?

  • Déjà, il faut savoir à quoi le mot « lead » fait référence : Un lead data scientist, c’est déjà un chef de projet sur tout ce qui va être lié aux data sciences. Mais lead peut aussi se comprendre comme « expert », lorsqu’il y a des questions relatives à la data science, c’est généralement à moi qu’on s’adresse.

Q : Comment s’organise ton quotidien ?

  • Concrètement je gère plusieurs projets en lien avec la data science. Il y a aussi des réunions quotidiennes avec différents membres de la boite (environ 15 h par semaine). En plus de ça, on me demande aussi parfois de faire des roadmaps pour définir les grandes étapes d’un futur projet. Je participe aussi au crédit impôt recherche (revue d’articles scientifiques) ce qui occupe environ 10 % de mon temps. Le temps qu’il me reste je le passe à coder.

Q : Y a-t-il trop de responsabilités ?

  • Il faut retenir que ce n’est pas un métier dans lequel on est décisionnaire. On nous demande surtout de proposer des projets et de les mener à bien.

Q : Si on te demande de proposer des projets, c’est un métier dans lequel il faut une certaine créativité non ?

  • Comparé à un métier comme data analyst dans lequel il y a vraiment un souci de trouver la meilleure solution pour les utilisateurs, je ne trouve pas que c’est un métier qui demande de la créativité. Une qualité qui est nécessaire serait plutôt de s’intéresser sincèrement au domaine de ton entreprise. Cela permet de vraiment cerner les objectifs de la société dans laquelle tu es (par exemple, Allociné veut écrire des articles qui seront vus par plus de monde).

Q : Des conseils ?

  • Intéresse-toi à d’autres métiers de la data comme data engineer ou data analyst. On a tendance à croire que data scientist est le métier le plus prestigieux, mais pas forcément, les différents acteurs travaillent souvent d’égal à égal. De plus, le métier de data scientist peut générer des frustrations : les codes demandés sont rarement très complexes. En dehors des GAFAM, on a du mal à trouver des entreprises qui font de la vraie data science même s’il y en a (Blablacar qui trouve les bonnes personnes pour le covoiturage, Doctolib qui gère la base de données des docteurs disponibles…). On fait donc rarement des maths très complexes et souvent, les entreprises n’ont pas les données nécessaires pour faire un travail passionnant. Je pense qu’il faut aussi savoir apprécier le côté appliqué et l’efficacité (parfois, un tableau Excel suffit !).

Les études

Q : Quel parcours pour devenir data scientist ?

  • Après 2 ans de prépa, j’ai intégré supaéro, mais les cours ne me plaisaient pas. 3 mois après je prends la décision de repasser les concours en candidat libre et j’intègre l’ENS Ulm. Durant ma 3ème année à Ulm, je décide de passer le MASH qui est un master à l’université Dauphine dans lequel il y a les mêmes cours que le MVA (donc parfait pour la data science) avec d’autres cours. En 4ème année, je ne voulais pas prolonger par un doctorat. J’ai donc passé un master en théorie des organisations qui m’a aidé plus tard pour gérer des projets de manière plus rationnelle. Ces études et un stage à la SNCF dans lequel j’ai travaillé sur la gestion des retards des trains m’a permis de bien m’insérer dans le milieu professionnel, même avec une formation initiale qui peut avoir l’air très théorique.

Le site Progresser-en-maths

Q : Ce site, a-t-il une visée professionnelle ou est ce que c’est juste une manière de garder un contact avec ta passion ?

  • Un peu des deux, au début, c’était un projet avec un ami laissé à l’abandon pendant 1 an. Lorsque j’ai vu qu’il y avait pas mal de visiteurs réguliers, j’ai décidé de m’y remettre. Quand je suis allé à l’ENS, c’était pour devenir professeur, mais finalement ça ne s’est pas fait, ce site me permet de continuer à faire des maths. Il y a aussi une visée professionnelle même si pour l’instant, le site génère trop peu d’argent pour m’y mettre à plein temps, l’audience grandit avec la chaine Youtube et Tiktok. J’espère plus tard faire des partenariats avec les écoles.

Q : Quels genre de partenariats ?

  • Quand j’étais étudiant, on payait la plupart des écoles d’ingé à 500euros/an, maintenant même dans les écoles publiques comme CentraleSupélec, on est plutôt autour des 2 000-2 500 (3 500 pour CentraleSupélec). Je pense qu’on tend vers un système comparable à celui des écoles de commerce dans lequel de plus en plus d’écoles devront réellement aller convaincre les étudiants de classe moyenne à venir chez eux. Peut-être qu’il y a un marché à conquérir en proposant des articles monétisés.
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